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La dernière RT de l'ancienne génération

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La dernière RT de l'ancienne génération

Message par theflat le Mer 20 Sep - 17:34

Voilà que me trotte dans la tête l’acquisition d’une nouvelle belle, et l’embarras du choix se présente irrémédiablement. À une autre époque, en des circonstances bien différentes, et pour tout autre objectif, l’un avait noirci des pages blanches avec «Que faire ?». Mon interrogation est tout autre : que choisir ?
Plusieurs projets dans la citrouille : un tour de l’Europe, la Poméranie dès l’année prochaine pour quelques hauts lieux historiques, ceux qui ne parlent pas aux âmes qui ne savent pas, l’Allemagne tyrolienne et l’Autriche pour l’été qui tarde à se présenter à ses hôtes (Tchèquie, Slovaquie et Hongrie sont à porter de roues), des allés venues persistants sur la capitale où il ne fait pas bon de rouler en trop anciennes... et de grandes virées dans nos contrées françaises pour quelques jours seulement : Bretagne, Alsace, Alpes, Pyrénées, pour voir mon monde, et subir aussi celui des autres. Alors, quelle moto ?  
J’écarte d’emblée une série seconde. En en ayant déjà une, je ne vois pas trop l’utilité de m’occuper d’une soeurette. Une 69S à la rigueur, mais pourquoi faire ? À son guidon, je ne retrouverai jamais plus sa jeune époque parisienne, évoluant parmi les Solex, les triporteurs Terrot, Motobécane ou Peugeot des artisans qui offraient leurs services à chaque quartier traversé... les 403, 2cv et autre DS ne sont plus : les ID non plus. La série 2, c’est une bête de route en rase campagne, une charmeuse de petits villages qui, aujourd’hui, n’ont plus d’âme, délaissés, abandonnés, noyés dans la modernité maladive de nos cités dites sociales, mais avant tout inhumaines. Non, la série 2 c’est une tout autre époque, celle des machines à vapeur, des belles autos admirées, du boulot bien fait. Vrai qu’on s’interrogeait sur le sexe des anges, mais pas sur celui de la femme croisée, ou de l’ami rencontré : les idées étaient moins nombreuses, mais bien plus claires.

La dernière fois que j’ai pris ma biquette, c’était pour lui offrir le bon air printanier des alpages de Haute Provence. Nous allions, elle et moi, chez un ami apiculteur. Au retour, thym et romarin fraîchement et proprement coupés emplissaient les «babin» de la belle. Pour ce travail, elle sait faire. Et une moderne ne procurera pas autant de charmes, de plaisirs, d’oublis de notre triste quotidien. Cette virée improvisée sur 250km fut appréciée par la dame en noir qui, comme à chaque fois, montrait tous ses atouts. Et comme à l’accoutumé, je succombais.
Pour mes nouveaux objectifs, elle ne fera pas l’affaire. Il me faut une drôlesse plus moderne. Mon premier choix se portait sur une 1200C, la cruiserrrrr comme disent ceux qui veulent se la jouer yankee de saloon. Jolie moto, belle finition... jusqu’au jour où je pose mon séant sur elle. Le charme fut comme une tablette de chocolat en plein cagnard : fondu, au point de disparaître soudainement. Je ne me voyais pas avec les panards en avant, les bras écartés, le regard lézardé par la dose infernale du tape-cul assuré : faire le crucifié en moto, très peu pour moi. Et quand nous avons mis le moteur en marche, ce fut ferme et définitif. Quant à la discrétion sur une telle moto, elle n’est pas du tout assurée.
Je m’oriente donc vers d’autres modèles : un «guzzzzzzz». Pourquoi pas. Mais dès que j’aborde le problème épineux des pièces détachées ou d’entretien, les pétales tombent, l’étamine se fend la poire, et le pistil ne jacte plus un mot... bref, la fleur est fanée. Et dans ma tête, une petite voix : «une autre, vieil ensuqué !».
Et la RT... qu’est-ce ça vaut, une bonne vieille RT, avec son bon flat, son gros plastron sur le nez qui affronte vents et marées, ses valoches qui prennent l’eau, sa dégaine de grosse rouleuse tout temps ? Vrai qu’elle me tente. Produite de 78 à 95, le choix est large. Je préfère les dernières productions : certes moins puissantes, certes moins authentiques, certains moins ceci, certes moins cela, mais aussi, moins de kilométrage, un historique plus clair, et une ancienne mécanique sans cesse améliorée au fil du temps.
Allons y pour celle-là, et voici celle-ci. Dernier modèle fabriquée, jolie finition, le berlingot n’a pas usé ses mamelles : 12000 bornes. Un court essai me le confirme. Le temps de signer le chèque, faire les papiers de cession, échanger un regard franc et direct pour confirmer nos pensées sur chacun, la semaine suivante, j’emballerai la belle.
100/120 bornes pour rentrer sur Paris à son guidon. Aucun problème. Le soir, je pose les pneus dans la région de Fontainebleau chez un ami, avec qui, nous prenons la route le lendemain pour la Corrèze pour une réunion. Sa 1150RT ouvre le bal, la mienne suit joyeusement, mais sous la pluie qui ne nous quittera pas de sitôt (600 bornes dont une bonne centaine entre Vierzon et Limoges sera classée dans les mémorables).
Les 60 bourrins sont amplement suffisant pour ce que je demande à cette moto. Bon couple, commandes très douces, excellent confort : une vraie BM.
Le soir, après un bon repas entourés de nombreux amis, nous réintégrons notre camp de base sous la pluie, dans le brouillard, par des petites routes étroites et bien sombres. Et ce sont nos charmantes chambres d’hôtes raffinées qui nous offrirons un merveilleux havre de paix.
Le lendemain, nous devons filer sur Neuvic, et de nouveau sous la pluie. L’après midi, mon ami rentre direct et moi, je flâne encore une journée, avec le secret espoir d’être mieux loti pour le retour. Nouvelle nuit toujours aussi réparatrice, dans un confort que bien des hôtels pourraient prendre exemple.
Le retour, encore et toujours de la flotte durant 700 kms. Faut vraiment aimer la moto à nos âges pour se coltiner de telles balades.
Et la moto ? Rien. Elle marche, même très bien.
Comme les autres, ma nouvelle acquisition a essuyé l’épreuve du feu : 1500 km en trois jours. C’est un bon achat.

Voilà que se pointe la première réunion des motos anciennes de Dourdan. Le père Etienne m’en informe, le Marcus sera présent. Nous nous retrouverons avec plaisir. Ils ont mis les leurs parmi les autres, moi, suis à l’écart avec ma modernité. Y’a de belles machines, d’autres moins, et certaines pas du tout. C’est comme les gens : on n’a pas des affinités avec tout le monde. Y’a de l’extase pour certaines réalisations d’une autre époque, comme y’a ceux qui se la pètent sans trop savoir pourquoi. En tout cas, à la buvette, y’avait la queue ! Peut-être que la serveuse valait l’attente ? Et les docteurs es mécanique dispensant leurs connaissances avaient moins de succès au nombre de chalands qui écoutaient d’une oreille distraite : certainement la tête moins creuse que le ventre. Ceci éclaircirait cela, car pour la donzelle, je ne m’explique pas. Le retour par les petites promenades dominicales des parigots en mal de vertes prairies de la vallée de Chevreuse fera la fin de la journée...

Hier, je reprends mon percheron pour rendre visite à un ami. L’itinéraire dans la tête, sauf que, j’ai oublié qu’à nos âges, les fuites de mémoire se présentent. Résultat : je suis allé bien plus loin qu’il ne fallait, et le larron, pas trouvé. Le confort de la RT t’autorise ce genre d’escapade inutile, et grâce à cette grossière erreur, j’ai pu grandement apprécier la région. Je devais me pointer dans l’après midi : nada ! Ce fut bien plus tard, mais mon coyote d’ami est venu me chercher près de l’église où j’avais commencé à prier pour trouver mon chemin, ce que l’autre, le grand, le seigneur de ces célestes lieux, s’est bien dispensé à me refiler dans le creux de l’oreille. Mon camarade, chevauchant fièrement un attelage qu’il mène à bonne allure, me faisait penser à ces chevaliers qui t’accueillaient ouvertement en leur demeure : «Voilà l’ami, ici, mon gîte !». Après une excellente soirée, je m’en suis retourné et ai pu apprécier la bougresse la nuit : quel éclairage !

Aujourd’hui, un mois après l’avoir acquise, j’ai parcouru environ 3000 bornes. Ma conclusion : c’est une bonne moto. Même que mon hôte d’hier, après l’avoir essayée, y pense pour de belles virées avec sa belle, celle de son coeur.
(Juin 2013)
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theflat

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Re: La dernière RT de l'ancienne génération

Message par Dédé 84 le Jeu 21 Sep - 19:59

Ouaouh, ta prose est une véritable poésie ! Je me suis régalé à te lire.

Dédé 84

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Re: La dernière RT de l'ancienne génération

Message par theflat le Jeu 21 Sep - 21:51

On continue...


Cette 100rt, faut que j’la mette à l’étable, avec les autres. Déjà fait 3000 bornes avec, dont 1500 en trois jours pour test. Du près au boiton, 700 km ; l’occasion d’un nouveau galop.
J’enfourche le bestiau en fin d’après midi, et roulerai au phare volontairement, comme ça, pour voir si la nuit, tous les chats sont gris. Et j’vous le confirme, y’en a aussi des blancs !
Pour sortir de la capitale, s’extirper de cet enchevêtrement incompressible de caisses à quatre roues, il va m’en falloir du mal pris en patience, histoire de savourer pleinement les désagréments de la grande ville. Déjà entre les formes et les couleurs, les autos sont indissociables entre elles, et plantées les unes derrière les autres en longues files indiennes, elles me rappellent les descriptions de Soljenitsyne dans «L’Archipel du Goulag» qui nous conte les interminables attentes dans la crainte de ne pas dormir le soir sur leur paillasse, unique lien avec leur âme, de tous ces «zeks» accoutrés du costume singulier, pâles figures d’un monde sans espoir, sans destin.

Il me faut me faufiler entre ses rangées d’acier trop souvent plastifié, remonter ces interminables lignes couvrant la chaussée, absorber malgré moi ces émanations de gaz carbonique, véritables symboles d’une modernité épanouie, mais rarement réussie... La bête est large, mais son gabarit ne m’effraie pas. Pourtant, je n’ai pas le regard de Sartre qui voyait si bien dans les angles mais si mal devant lui, raison suffisante pour qu’il ne fusse pas motard. Tant bien que mal, j’arrive à humer les premières tranquillités campagnardes après deux heures d’embouteillage urbain, et j’en apprécie immédiatement l’air, la solitude, le calme...

Pour descendre au rythme des saisons, prendre soin d’admirer les beautés de nos contrées, je m’installe sur la N6, long serpent d’asphalte qui s’étire jusqu’à Lyon.
L’Yonne est une campagne très verte, très boisée, très fraîche, et si reposante. Parfois, j’ai l’impression en la traversant, que les aiguilles du temps se sont soudainement arrêtées, qu’une quiétude certaine vous envahit dans ce havre de sérénité. Je m’y sens comme dans les bras d’une jeune femme qui me bercerait, moi, son petit enfant. Et je crois que notre sensibilité d’être vivant, appartenant à dame Nature, a ses préférences très personnelles pour certains environnements, qui ne sont pas universelles mais bien propres à chacun...

La demoiselle RT se porte à merveille, transportant son vagabond avec douceur. Le régime adopté se situe entre 3000 et 3500, soit 90/100, voire 110 (pour précision, 100 compteur correspondent à 93/94 réels selon les radars des bords des routes). Très confortable, très maniable, elle sait se faire oublier, tout comme mon nouvel Araï (un SZ/F) dont la visière vous met à l’abri de bien des intempéries. Le soleil peu à peu me salue par
de nouvelles couleurs rayonnantes qui offrent un autre visage à ce paysage si accueillant. Voilà Villeneuve sur Yonne, taverne de Panda Moto, où s’exhibe en vitrine une gracieuse 80 G/S équipée Paris/Dakar... L’entrée et la sortie de cette charmante bourgade provinciale se font par d’anciennes portes, vestiges de remparts qui ne sont plus. Auxerre, ville voisine, est en son centre, bien engageant. La cathédrale y sied en majestueuse beauté, abritant concerts, chorales, traditionnelles festivités estivales. L’Yonne y coule à son grès, d’une eau claire sur laquelle glissent cygnes et canards, saluant à son passage des ponts anciens où posent des promeneurs contemplatifs.

Une halte s’impose pour la pitance. Dans un hameau fendu d’une rivière, j’y trouve une auberge digne de ce nom. L’hôtesse accepte de me servir encore un de leur savoir faire et malgré l’heure tardive, le mets fut assuré de délicatesses surprenantes.

Me voilà obligé de satisfaire la curiosité de quelques-uns, alors qu’il eut été si simple de garder silence.
Ces délicatesses surprenantes concernent le mets qui me fut servi, car je ne m’imaginais pas trouver si joli décor, ni si bonne chère dans un tel lieu-dit (hors nationale), un plat digne des beaux-arts culinaires. Il faut dire que j’étais à proximité de Chablis, la production vinicole expliquant sûrement la finesse savoureuse enrobant mon palais à chaque bouchée, conservant précieusement les arômes qui m’accompagneront dans ma folle équipée nocturne.
En m’installant sur mon bourricot dont l’austère silhouette impose respect et ordre à tout autre usager sur mon trajet, je suis immédiatement enveloppé par l’obscurité, le couchant lui ayant cédé la place depuis déjà quelques temps. Le faisceau lumineux qui me devance en permanence m’oblige à reconnaître qu’en de mêmes conditions, nos fidèles séries deux sont d’un autre âge, d’une autre époque, qu’entre le phare de l’une et la bougie de l’autre, c’est le jour et la nuit ; et malgré tout, toutes aussi charmantes et confortables, douceurs éternelles à voyager.
Le Morvan, belle et dure région, abrite nombre de cervidés et suidés sous ses magnifiques étendues de conifères entre autre. Et la nuit, la chance d’en saluer augmente sérieusement. Le ciel étoilé me remémore les pluies persistantes, pénétrantes, essuyées par ceux qui se rassemblèrent en Corrèze, à l’aller comme au retour, tout comme moi, la semaine suivant la leur. Il faut dire qu’en ces lieux normaux, dont est issu un président normal, le temps maussade de cette région ne peut qu’être normal... rien d’extraordinaire en fait. La normalitude, une habitude dont on se lasse rapidement. Et pourtant, que la campagne est belle, là-bas, où tout semble normal au point d’en devenir anormal.
Dame Lune pointe son nez. Dans la solitude obscure, je m’arrête pour la contempler. Ses joues s’empourprent légèrement, charmée qu’elle devait être de mon regard insistant. Ses parfaites rondeurs, son importance parmi les lampions qui scintillent dans l’immensité, me font sentir son approche cordiale vers sa fidèle compagne, notre chère Terre. Magnifique, elle est comme une vieille dame sur laquelle le temps n’a aucune prise. L’admirer conforte mes pensées : nous ne sommes vraiment pas le centre de l’univers. Bien des courses se font, bien des beautés se montrent, bien d’autres vivants continuent leur chemin sans prêter attention à l’homme égocentrique que nous sommes devenus, boursouflés à en être déformés, d’un nombrilisme mortel. La moto, tout comme la marche, est un moyen de locomotion qui permet à l’humain de se redéfinir, de reprendre la place qui lui est due dans les bras de dame Nature, de se ressourcer intérieurement en affrontant les intempéries, de savourer le réconfort anodin d’une simple boisson chaude, ou de l’insignifiant abri qu’un arbre nous offre, qui devient alors un majestueux toit...
La route défile toujours à même allure, au rythme mécanique inchangé. Peu de voitures sur ce grand axe, mais de nombreux camions. Ils roulent parfois à vive allure, mais les doubler ne pose aucun problème. Il en fut tout autrement avec nos préférées. J’apprécie en de tels moments, ce gain de sécurité que nous n’avons pas continuellement à portée de main avec nos anciennes. Autre époque, autres moeurs : il faut dire que les pachydermes modernes roulaient moins vite, de masse moins imposante, de longueur plus conforme à nos montures, une circulation moins dense en général, que radars et autres giratoires ne fleurissaient pas comme aujourd’hui (ils étaient denrées rares !), nouveaux décors de notre théâtre quotidien.
La nuit s’étire comme le chat le fait devant la cheminée... avec elle arrivent fraîcheur, fatigue, langueur. Et, doit-on l’avouer, le carénage est d’une efficacité légendaire, protégeant le pilote de tous ces menus détails nocturnes.
À l’approche d’un village, surgit à quelques mètres de ma roue, un joli renard à la gueule bien chargée. Voilà qu’il a fait ses emplettes et s’empresse de s’en retourner à son gîte pour y dresser couvert aux siens, à coup sûr, une belle tablée. Je n’ai pas eu à freiner, donc ne pas ressentir la souplesse de cette fourche qui a souvent le désir de s’enfoncer dans le sol à la moindre sollicitation des disques. Déroutante par rapport aux nôtres de type balancier, elle plonge intempestivement lors de la découverte de la moto, mais comme toute chose, on s’y fait.
Saulieu, ville provinciale réputée pour sa table, n’est plus beaucoup animée en semaine. Et la nuit, on en fait le tour sans croiser sa propre ombre. Je pensais y trouver un simple bistrot pour siroter un excitant au palpitant, un breuvage qui maintient les paupières à l’ouverture... rien, nada... la route continue, les roues tournent et les Bourguignons dorment.

Lentement mais sûrement, la fraîcheur persistante se transforme en froid lancinant. Les températures baissent, et il me tarde d’aborder les descentes vers Beaune, son hospice renommé pour reprendre quelques couleurs. La bm ronronne toujours aussi bien. Ce vieux flat, digne descendant de ses devancières, assume l’aura de la lignée. J’atteindrai Chalon sur Saône sans difficulté, caler derrière le pare-brise, à 3500 / 4000. L’autoroute se présente, histoire de délaisser cette partie de la N6 peu agréable jusqu’à Lyon : environ 120 bornes, qui se termineront par des déviations qui t’envoient dans un labyrinthe de la capitale rhodanienne, dédale de rues inconnues dans une ville que je découvre vers 2 heures du matin.

Après avoir retrouvé mon chemin, je m’engage sur la rive droite du Rhône, petite route faite de nombreuses fois en série 2. Les nombreuses traversées de villages ne permettent pas de soutenir une moyenne très élevée, et le nombre de radars exige vigilance. Puis le sommeil arrive, les paupières s’alourdissent sérieusement, mais pas suffisamment pour exiger un arrêt. On continue. Je roulerai tranquillement jusqu’à l’arrivée, salué par le soleil levant.

Cette RT est une bonne grosse baroudeuse. À son guidon, de beaux voyages peuvent être envisagés. La série deux n’est pas loin derrière. Plus authentique, moins raffinée que la GT, l’ancêtre démontre l’extraordinaire savoir faire de la marque dès les années 50, soit  deux décennies bien sonnées plus tôt que la fille. Déjà confort, souplesse, sobriété, efficacité sur longues distances, fiabilité étaient au rendez-vous, si bien soulignés dans le cahier des charges.
Grand plaisir de rouler avec la dernière de la lignée des flats 2v, elle laissera malgré tout beaucoup moins de traces, d’émotions, de ressentis, de souvenirs que sa devancière, avec laquelle il me tarde de crapahuter de nouveau. Car je veux encore le remplir mon sac à souvenirs, celui qui m’accompagnera jusqu’au bout.
(Juin 2013)
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Re: La dernière RT de l'ancienne génération

Message par kunn le Ven 22 Sep - 7:37

On s’y croirait Cool
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